sowmy2020_sharecard_Fr

Le rapport 2021 sur l’état de la pratique sage-femme dans le monde (SoWMy) a été publié le 5 mai 2021, lors de la journée internationale des sages-femmes, peu de temps avant le congrès triennal virtuel de l’ICM,

Le 1er rapport, intitulé La pratique de sage-femme dans le monde 2011: naissances réussies, vies sauvées, publié en 2011 par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), a présenté une vue d’ensemble de la profession de sage-femme dans le monde.  L’analyse des 58 pays qui y est présentée a montré qu’il manquait environ 350 000 sages-femmes, dont au moins un tiers dans les pays les plus pauvres

Le 2ème rapport,  publié par l’UNFPA, Fonds des Nations Unies pour la population, de concert avec la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et leurs partenaires, révèle que 73 pays où leurs services sont le plus nécessaires disposent d’un nombre de sage-femmes extrêmement insuffisant. Le rapport recommande de nouvelles stratégies pour faire face à ces insuffisances et sauver des millions de vies de femmes et de nouveau-nés.

Il s’agit ici du 3ème rapport. Il insiste sur l’importance d’investir dans les sages-femmes et fournit des données probantes actualisées et une analyse détaillée des progrès actuels. Il montre les défis futurs pour permettre la couverture efficace et la qualité des sages-femmes et des services de pratique sage-femme.

C’est pourquoi, l’ICM ouvrira le congrès virtuel de 2021 avec une session plénière sur le SoWMy. Plus de 3000 sages-femmes connectées, vont examiner les principales conclusions du rapport, avec les leaders des organisations qui ont permis la sortie du rapport SoWMy, les responsables politiques et gouvernementaux et les sages-femmes.

Les intervenants débattront de l’investissement dans les sages-femmes à la lumière de ces nouvelles conclusions, afin de renforcer la pratique sage-femme et d’améliorer les soins maternels et néonatals.

Les rapports 

  • L’État de la pratique de sage-femme dans le monde 2021
  • L’État de la pratique de sage-femme dans le monde 2014 ICI
  • L’État de la pratique de sage-femme dans le monde 2011 ICI

Les principales organisations impliquées

  • Le site de l’ICM :  ICI (English)  ICI (Français)
  • Le site de l’UNFPA ICI
  • Le site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS/WHO) :
    • Il faut davantage de sages-femmes pour améliorer la survie de la mère et du nouveau-né ICI
    • Investir dans la pratique de sage-femme peut sauver des millions de vies de femmes et de nouveau-nés ICI

 

La proposition de loi n° 3964 “L’allaitement maternel : pour une meilleure sensibilisation et plus d’informations” a été déposée à l’Assemblée Nationale le 9 mars 2021

La définition internationale retenue pour la maïeutique est celle qui a été donné par les auteurs de la série du Lancet :

« les soins spécialisés, basés sur la connaissance et attentionnés pour les femmes enceintes, les nouveau- nés et leurs familles pendant la période précédant et durant la grossesse, l’accouchement, les suites des couches et les premières semaines de vie. Cette pratique consiste essentiellement à optimiser les processus physiologiques, biologiques, psychologiques, sociaux et culturels de la reproduction et de la petite enfance, mais également à prévenir et à prendre en charge rapidement les complications, à consulter et orienter les femmes vers d’autres services, à respecter la situation et les points de vue individuels des femmes, et à travailler en partenariat avec elles pour renforcer leurs capacités à prendre soin d’elles-mêmes et de leurs familles ».

Résumé analytique de la série publiée par The Lancet sur la Maïeutique

Définition de la Maïeutique dans la revue du Lancet – page 3 ici 

Définition française

La CNEMa et le Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes ont œuvré ensemble afin que la maïeutique devienne le terme officiel pour désigner la discipline académique et scientifique des sages-femmes.

Il fallait revendiquer officiellement un corpus de savoirs propres aux sages-femmes avant les travaux menés sur la réforme des études de sages-femmes et l’intégration des écoles à l’université (…), le dépôt d’un terme qui définisse la discipline exercée par les sages-femmes.
Une nécessité ? Une vision du métier ? L’existence d’une discipline ? Créer une unité de corps de la profession de sage-femme ?
Se fondre et confondre les activités professionnelles de la gynécologie-obstétrique semblent avoir occupé durant de longues décennies la population des sages-femmes.
Comment rendre visible une profession qui rend de véritables services de santé à toute une population d’usagers : femmes enceintes, futurs enfants, couples, futurs parents, mères… ?

(Françoise Nguyen, Présidente de la CNEMa 2005-2013, 2013)

Demander officiellement la reconnaissance d’une discipline pour les sages-femmes, c’est afficher la volonté de :

  • promouvoir le travail et les études des sages-femmes, à l’instar des consœurs européennes et internationales qui ont une discipline universitaire (Science in midwifery) sur laquelle elles s’appuient pour la formation initiale, la formation continue et la recherche,
  • prôner une gouvernance pédagogique de la formation maïeutique par les sages-femmes elles-mêmes,
  • développer la recherche en maïeutique avec la reconnaissance d’un corps de sage-femme enseignant, enseignant-chercheur, habilité à diriger des recherches.

En mars 2010, la Commission de Terminologie et de Néologie, siégeant auprès du Ministère de la Santé, a donné pour le terme « maïeutique », la définition suivante :
« La maïeutique est la discipline médicale exercée par les sages-femmes« .

Cette discipline scientifique englobe les domaines de l’obstétrique, la gynécologie et la pédiatrie dans leur dimension physiologique ainsi que la santé génésique des femmes ou la santé sexuelle et reproductive.

Elle fait appel à des connaissances et à des compétences spécifiques dans des domaines complémentaires. La base scientifique englobe la biologie, certains aspects des sciences exactes, plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales, l’éthique ou la santé publique au sens large.

Dans les pays anglo-saxons, cette discipline académique des sages-femmes est définie par le terme MIDWIFERY. La recherche en maïeutique (Research in Midwifery) y est largement développée.

31 août 2021
août 31, 2021

Rapport les 1000 premiers jours

ACTUALITE

 

1000-premiers-jours

Les 1 000 premiers jours de l’enfant constituent une période essentielle pour le bon développement et la construction de l’enfant. Cette période conditionne la santé et le bien-être de l’individu tout au long de sa vie.

Un rapport rédigé par une commission de 18 experts spécialistes de la petite enfance, présidée par Boris Cyrulnik, neuropsychiatre a été remis à Adrien Taquet, Secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé.

Ce dernier basé sur les données scientifiques, concerne les enfants, les parents, et la société civile.

Selon Adrien Taquet, Secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, parfois.

Ce rapport  répond aux attentes fortes des parents qui sont de plus en plus de parents à exprimer les difficultés de leur quotidien : éclatement de l’information, manque d’accompagnement, solitude .

Le groupe de travail  des « 1 000 premiers jours » a émis de nombreuses recommandations, parmi lesquelles :

  • La création d’un parcours des 1 000 jours, qui comprendrait un accompagnement personnalisé commençant dès l’entretien du 4ème mois, se poursuivant en maternité et jusqu’au domicile, et qui se renforcerait en cas de fragilités (handicaps, troubles psychiques ou fragilités sociales) ;
  • La généralisation de l’entretien prénatal précoce, qui ne concerne aujourd’hui que 28% des grossesses ;
  • L’augmentation des moyens des maternités et des PMI, afin que chacune des 500 maternités sur le territoire bénéficie d’un lien étroit et quotidien avec la PMI pour mieux accompagner les parents ;
  • L’allongement du congé paternité, qui serait une première étape d’une réforme ambitieuse du congé parental, dans l’intérêt du développement de l’enfant, mais également pour lutter contre la solitude et l’isolement des mamans,
  • La généralisation et l’harmonisation du projet éducatif de l’accueil des enfants avant 3 ans, etc.

Ces premières pistes doivent désormais se traduire en actes. Elles seront examinées dans les prochaines semaines.

Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles a déclaré :
« Nous devons collectivement faire mieux, pour nos enfants, pour nos familles, pour notre société. La science nous y aide, en nous indiquant le caractère fondamental des 1 000 premiers jours. Tirer les leçons de cet apport fondamental, c’est aujourd’hui créer un véritable parcours des 1 000 premiers jours. »

Améliorer la connaissance sur les 1000 premiers jours de l’enfant : investir sur la recherche fondamentale et appliquée

Évaluer les pratiques afin d’identifier les voies et les moyens d’amélioration des interventions

Former les professionnels sur les éléments clés des 1000 premiers jours de l’enfant notamment

Investir fortement dans la formation initiale et continue sur le développement précoce dans toutes ses dimensions (communi- cation, langage, motricité, régulation émotionnelle, attachement), avec les 1000 jours comme socle commun, de tous les professionnels travaillant auprès de bébés, des jeunes enfants et de leurs familles, en s’appuyant sur les expertises existantes (par exemple dans les universités) et en développant l’expertise de formateurs et ensei- gnants professionnels.

Le Rapport septembre 2020 : Les 1000 premiers jours  Ici

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La recherche en maïeutique étudie les pratiques relatives à l’accompagnement et aux soins prodigués par tous les acteurs de santé dans la sphère de la naissance, de la santé maternelle, périnatale et génésique, afin d’améliorer la qualité des soins proposés et de promouvoir les pratiques basées sur les preuves[1].

En français, la maïeutique est officiellement définie comme « la discipline médicale exercée par les sages-femmes ». Elle couvre les champs de la reproduction et de la petite enfance, veille à «optimiser les processus physiologiques, biologiques, psychologiques, sociaux et culturels », ainsi qu’à «prévenir, prendre en charge rapidement les complications, et orienter les femmes vers d’autres services » lorsque des soins spécialisés sont nécessaires,  «en respectant les points de vue individuels des femmes » et en « renforçant leurs capacités à prendre soin d’elles-mêmes et de leurs familles ».[2]

Les sages-femmes sont concernées par la recherche en maïeutique car elles en sont des acteurs clefs. Le code d’éthique de la Confédération Internationale des sages-femmes les enjoint d’ailleurs de baser leurs pratiques sur des connaissances à jour et basées sur des preuves quels que soient l’environnement et la culture dans lesquelles elles travaillent. La Confédération Internationale des sages-femmes considère également la recherche comme une composante essentielle de la maïeutique depuis les années 19802,[3]. Cette discipline relativement jeune a été initiée par des sages-femmes américaines qui avaient besoin de prouver l’intérêt de leurs interventions, et au Royaume Uni, lancée sous la pression de femmes qui remettaient en cause certaines de leurs pratiques.

En France, il est encore nécessaire de questionner certaines pratiques sage-femmes en cours ;  la maïeutique n’est pas reconnue comme discipline académique mais elle est un objet de recherche des sages-femmes françaises. Toutefois leurs compétences en recherche sont mal documentées et le corpus de connaissances qu’elles produisent est mal connu,[4] .

Etat de la recherche maïeutique en France Ici


[1] Horton, R. & Astudillo, O. The power of midwifery. The Lancet 384, 1075–1076 (2014)

[2] Luyben, A. G., Wijnen, H. A. A., Oblasser, C., Perrenoud, P. & Gross, M. M. The current state of midwifery and development of midwifery research in four European countries. Midwifery 29, 417–424 (2013)

[3] Renfrew, M. J., Raisler, J., Kennedy, H. & Mudokwenyu-Rawdon, C. Conducting international research in midwifery: a workshop held at the ICM Congress

[4] Goyet S, Sauvegrain P, Schantz C, Morin C. State of midwifery research in France.Midwifery. 2018 Sep;64:101-109