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Comme pour tous les documents produits par  le Conseil de l’ICM, la définition Internationale des sages-femmes (“midwife” en anglais ou “matrona” en espagnol) a été révisée à période régulière. La dernière révision a été adoptée  le Conseil de l’ICM , à Toronto, en juin 2017.

La pratique sage-femme est la profession qu’exercent les sages-femmes1, seules les sages- femmes exercent la pratique sage-femme. Elle regroupe un ensemble unique de connaissances, de compétences et d’attitudes professionnelles issues de disciplines partagées par d’autres professions de la santé telles que la science et la sociologie, mais qui sont exercées par des sages-femmes dans un cadre professionnel de pratique sage-femme caractérisée par l’autonomie, le partenariat, l’éthique et la responsabilité.


Définition  de la pratique sage-femme

La pratique sage-femme est la profession qu’exercent les sages-femmes.

Seules les sages- femmes exercent la pratique sage-femme.

Elle regroupe un ensemble unique de connaissances, de compétences et d’attitudes professionnelles issues de disciplines partagées par d’autres professions de la santé telles que la science et la sociologie, mais qui sont exercées par des sages-femmes dans un cadre professionnel de pratique sage-femme caractérisée par l’autonomie, le partenariat, l’éthique et la responsabilité.

La pratique sage-femme est une approche de soins prodigués aux femmes et à leur nouveau-né dans le cadre de laquelle les sages-femmes :

  • Optimisent les processus biologiques, psychologiques, sociaux et culturels normaux de l’accouchement et du début de la vie du nouveau-né ;
  • Travaillent en partenariat avec les femmes, en respectant la situation et les opinions personnelles de chaque femme ;
  • Renforcent les capacités personnelles des femmes à prendre soin d’elles-mêmes et de leur famille ;
  • Collaborent avec les sages-femmes et d’autres professionnels de la santé, selon les besoins, pour fournir des soins holistiques qui répondent aux besoins individuels de chaque femme.

Les soins de pratique sage-femme sont fournis par une sage-femme autonome.

Les sages- femmes détiennent et exercent des compétences de pratique sage-femme (connaissances, capacités techniques et comportements professionnels), sont formées dans le cadre d’un programme de formation des sages-femmes avant l’entrée en service/l’enregistrement, qui respecte les normes mondiales de l’ICM pour la formation des sages-femmes.

Seules les sages-femmes exercent la pratique sage-femme. Dans certains pays où le titre « sage-femme » n’est pas encore protégé ou dans lesquels il existe une pénurie de sages- femmes, d’autres professionnels de santé (infirmières ou médecins) peuvent participer à la fourniture de soins de santé sexuelle, reproductive, maternelle et néonatale aux femmes et aux nouveau-nés. Étant donné que ces professionnels de santé ne sont pas des sages- femmes, ils ne possèdent pas les compétences d’une sage-femme et ne fournissent pas des compétences de pratique sage-femme, mais plutôt des soins maternels et néonatals.

Pour en savoir plus : (1)  L’ICM

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Une série inédite publiée dans une des plus prestigieuses revue scientifique, The LANCET a mis en évidence, sur des preuves scientifique de haut grade, le rôle inestimable des sages-femmes pour améliorer la santé des femmes et des nouveau-nés quelque soit le niveau de richesse du pays.

Présentée dans quatre articles s’appuyant sur les données probantes issues de 460 revues systématique réalisées par le Cochrane Pregnancy and Childbirth Group au profit de la Bibliothèque Cochrane et le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant  (1) , cette série sur les soins prodigués par les sages-femmes a étudié de quelle façon les sages-femmes peuvent contribuer à diminuer la mortalité maternelle est infantiles et améliorer la santé maternelle et infantile dans les pays aux ressources limitées comme dans la pays de hauts revenus.

Chaque année, environ 139 millions d’enfants naissent et environ 289 000 femmes meurent pendant la grossesse. Dans les pays où la mortalité maternelle est élevée, l’augmentation de l’accès aux soins et la mise en oeuvre d’une politique de santé préventive (planification des naissance, contraception, avortement) amènerait à une réduction de près de 60% des décès liés à la grossesse ou à l’accouchement.

Dans les pays à ressource élevé, les auteurs mettent aussi en évidence la tendance à la surmédicalisation de la grossesse, les risques et les coûts qui lui sont associés ainsi que le recours excessif à des interventions comme la césarienne.

Ils recommandent une politique de santé qui valorise la pratique sage-femme. En effet, la philosophie de la sage-femme vise à optimiser les processus biologiques, sociaux et culturels normaux de la naissance et à réduire les interventions au minimum.

Téléchargez la serie : Lancet Midwifery French_CompleteWeb

Le Lancet avait déjà publié trois autres séries d’articles traitant de sujets directement liés à la maternité qui démontrent l’engagement du Lancet vis-à-vis de la santé maternelle et infantile :

 

(1) Pour recenser les données probantes d’excellente qualité et actualisées sur l’efficacité des pratiques spécifiques aux soins maternels et néonatals, les auteurs  ont utilisé deux sources : les 453 revues systématiques réalisées par le Cochrane Pregnancy and Childbirth Group au profit de la Bibliothèque Cochrane et le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant qui a produit huit autres revues dont les données proviennent d’autres groupes Cochrane (au total, 461 revues ont été analysées).

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Compétences des sages-femmes en France

Partout dans le monde, les soins prodigués par les sages-femmes constituent une pratique ancestrale dont certaines caractéristiques ont évolué différemment en fonction des traditions et connaissances culturelles et sociales locales et régionales.

En France, les sages-femmes possèdent un statut de personnel médical à compétences définies dans le Code de la Santé Publique.

Leurs compétence pleine et entière dans le cadre de la grossesse et de l’accouchement normal est établie et elles jouent également un rôle important comme conseillère en matière de santé et d’éducation sexuelle et reproductive, non seulement pour les femmes mais aussi au sein de la famille et de la collectivité.

Son exercice professionnel comprend l’éducation prénatale et la préparation au rôle de parent et s’étend à la santé sexuelle ou reproductive (santé génésique) et aux soins aux enfants. Elle assure les consultations de gynécologie avec un rôle clé pour le dépistage du cancer du sein ou du col de l’utérus et les consultations de contraception chez les femmes  (y compris les adolescentes) en bonne santé.

Elle oriente vers des médecins spécialistes en cas de diagnostic de complications ou de maladies.

Compétences essentielles pour la pratique du métier de sage-femme - ICM

Les compétences essentielles pour la pratique du métier de sage-femme de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM) décrivent l’ensemble minimal de connaissances, de capacités techniques et de comportements professionnels exigés pour pouvoir utiliser le titre de sage-femme, tel qu’il est défini par l’ICM(1), lorsqu’une personne commence à pratiquer le métier de sage-femme.

Les compétences sont présentées dans un cadre constitué de quatre catégories, qui décrit les compétences considérées comme essentielles et qui « sont celles que toute sage-femme devrait avoir acquises lors de
sa formation avant l’entrée en service2 ». Ces énoncés de compétences « se rapportent à des documents d’orientation de pratique clinique qui font autorité, utilisés par l’Organisation mondiale de la Santé et des documents fondamentaux et énoncés de prise de position de l’ICM.
Les documents d’orientation sont révisés en fonction de l’évolution permanente de la recherche. Les énoncés des compétences essentielles de l’ICM sont également évalués et modifés au fur et à mesure que des preuves pertinentes concernant les soins de santé sexuelle, génésique, maternelle et néonatale et les pratiques sages-femmes émergent

La dernière mise à jour des compétences date d’octobre 2019, elle permet de souligner le rôle d’une sage-femme dans la prévention, la détection et la stabilisation des complications.

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Soutenir la lutte contre l’épidémie

Face à l’épidémie de coronavirus, l’Association Professionnelle de Sages-Femmes, La Boîte Rose et ses partenaires comme Mont Roucous et Rivadouce se sont’unies et ont font appel à la générosité de la société civile.

En 2020, l’APSF a lancé une opération d’urgence pour soutenir les soignants et les mamans qui  d’accoucher et qui avaient  été diagnostiquées positives au COVID-19.

Ils ont lancé une opération d’urgence pour soutenir les soignants et les mamans qui venaient d’accoucher et qui avaient été diagnostiquées positives au COVID-19. Les masques manquaient pour les protéger.

En effet, le gouvernement n’avait attribué que 6 masques par semaine aux sages-femmes libérales se rendant au domicile des patientes positives au COVID-19. Cette dotation est très insuffisante et ne prenait pas en compte les besoins des patientes accouchées qui avaient l’obligation de porter un masque à la maternité, mais qui ne peuvaient pas s’en procurer une fois rentrées chez elles.

Il y avait urgence sanitaire. L’APSF et La boîte rose et ses partenaires se sont unis pour trouver des solutions.

Grâce à un appel au don :

- 350 000 masques ont été livrés en France sous 7 jours.

- Cette donation a permis  d’équiper les mamans venant d’accoucher et diagnostiquées positives au COVID-19.

- Les entrepôts et les équipes de La Boîte Rose sur le terrain ont été prêts à livrer toutes les maternités françaises en quelques jours.

Cette opération a coûté 150 000€ (achat + transport) 

La lutte contre le coronavirus est l’affaire de tous : chacun à sa manière, s’est mobilisé, a été solidaires.

​​​​​​​Un grand merci à tous ceux qui ont soutenu le projet et qui ont participé financièrement 

Le Conseil d’Administration de l’APSF

30 jan 2021
janvier 30, 2021

La recherche en Maïeutique

Pratiques Sage-femme

Une définition de la recherche en maïeutique est donnée par Marlène Sinclair, sage-femme et présidente de Doctoral Midwifery Research Society –  Lire

« Processus rigoureux d’études qui a pour but de produire des connaissances et un éclairage sur l’efficacité et l’efficience de la pratique sage-femme; ses conséquences sur les femmes, les nouveau-nés, les parents, les familles, la culture et la société. Il inclut la recherche en éducation et sur la formation clinique des sages-femmes, sur le développement et l’apprentissage de la maïeutique, le travail en équipe pluridisciplinaire, l’utilisation de l’information et des technologies de communication, l’organisation et sur les services délivrés aux femmes dans les maternité, les conditions de travail et sur les thèmes impactant sur la vie professionnelle des sages-femmes ».

(Mis à jour le 15 juin 2010 – Traduction de Christine Morin )

Tout au long de l’histoire, des sages-femmes renommées ont fourni des renseignements scientifiques précieux et beaucoup ont été saluées pour leur contribution à l’obstétrique et à la maïeutique.

Aujourd’hui, le retard des sages-femmes françaises dans le domaine de la recherche en Europe et dans le monde est indiscutable.

En 1998, Marianne Mead, sage-femme chercheur, écrivait

« la situation française est particulière : la sélection des étudiants et la formation initiale des sages-femmes sont exigeantes, mais en fin de parcours, elles n’ont que peu d’accès à la recherche et à la formation continue. La ‘maïeutique’ (Midwifery) existe en tant que discipline en Grande Bretagne et les sages-femmes peuvent accéder à un cursus PHD, mener des recherche en maïeutique (midwifery research) et être habilité à diriger des recherches. Les sages-femmes qui poursuivent en 3ème cycle de l’enseignement supérieur sont contraintes d’investir d’autres domaines que le leur, comme le droit, les sciences de l’éducation, les sciences humaines ou la santé publique- elles ne peuvent donc pas être repérées comme des modèles professionnels par les étudiants sages-femmes »
(Mead M. La sage-femme et la recherche. Doss Obstétrique. 1998;(265):3‑37).

En 2003, le plan périnatalité 2005 – 2007 « Humanité – proximité – sécurité – qualité pour moderniser l’environnement de la grossesse et de la naissance » a inscrit dans ses objectifs le développement de la recherche.
Plan de périnatalité à consulter ici.

« La recherche en périnatalité et, plus généralement, en reproduction est insuffisamment développée en France; ceci concerne aussi bien la recherche cognitive que la recherche clinique et en santé publique […]. »

Dans le champ de la recherche en maïeutique, la France peut progresser vers la voie de l’excellence.

En effet, bien des domaines sont à explorer, visant à améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et la santé génésique des femmes :

  • la surveillance de la grossesse physiologique
  • Les mesures de prévention et d’éducation à la santé périnatale et génésique
  • l’allaitement, la surveillance et la conduite du travail et de l’accouchement
  • les sorties précoces en post-partum
  • l’instauration du lien mère-enfant et le développement du nouveau-né
  • le suivi gynécologique de prévention
  • l’éducation à la santé sexuelle des adolescents
  • les mesures d’accompagnement dans le contexte de l’interruption volontaire de grossesse
  • les mesures d’accompagnement dans le contexte de violence faite aux femmes.

En juillet 2011, une disposition règlementaire, amendée par la loi n° 2011-814 relative à la bioéthique, reconnaît la qualification des sages-femmes françaises pour les recherches biomédicales.
L’article 39 indique :

« Les recherches biomédicales concernant le domaine de la maïeutique et conformes aux dispositions du dernier alinéa de l’article L. 1121-5 ne peuvent être effectuées que sous la direction et la surveillance d’un médecin ou d’une sage-femme». En outre, la loi leur donne l’aptitude à recevoir une délégation de l’investigateur pour procéder à l’information de la personne et au recueil du consentement : « Lorsque la recherche biomédicale concerne le domaine de la maïeutique et répond aux conditions fixées au dernier alinéa de l’article L. 1121-5, l’investigateur peut confier à une sage-femme ou à un médecin le soin de communiquer à la personne qui se prête à cette recherche les informations susvisées et de recueillir son consentement ». La loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique

Grâce à une formation professionnelle de niveau académique et à la voie de la recherche qui s’ouvrent à elles, les sages-femmes françaises vont pouvoir développer la recherche en maïeutique en France après l’obtention d’une thèse d’université.

Les départements de recherche, dans lesquels s’inscriront les écoles de sages-femmes, avec des équipes multidisciplinaires (sages-femmes, médecins, anthropologues, sociologues, …), pourront aider au développement de projets de recherche en maïeutique ou, plus largement, en santé publique ou en éducation (aide et soutien à la formation des sages-femmes ou aux professionnels de santé des pays qui le nécessitent).

La participation de sages-femmes chercheurs (docteurs ou doctorantes) au sein de ces institutions favorisera le développement de projets de recherche en faveur de la femme et du nouveau-né.

Enfin, les sages-femmes chercheurs pourront s’unir aux sages-femmes qui, en Europe ou dans le monde, agissent depuis longtemps pour lutter contre le fléau de la mortalité maternelle et infantile à travers le monde.